Si « Internet n’a pas été conçu pour être sécurisé », comment se préserver ?

Les conflits ne se cantonnent plus aux terrains physiques. Un constat rédigé voilà plusieurs années par les responsables de la cyber-défense en France. A présent, universitaires et militaires travaillent de concert pour mieux connaître et anticiper les mouvements d’influence.

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« Internet n’a pas été conçu pour être sécurisé », la phrase de Bernard Barbier date de 2010 mais rappelle que les Etats tentent d’assurer leur souveraineté sur cette technologie. Les autorités gouvernementales agissent donc dans un environnement contraint et mouvant. Partant du raisonnement de celui qui fut directeur technique de la DGSE pendant sept années, le milieu universitaire s’interroge sur les mouvements en cours et les jeux d’influences.

Dans ce cadre, le Professeur Sébastien-Yves Laurent a remis cette semaine les conclusions de son étude sur le sujet. Baptisé Cyber Strategy : définir un horizon stratégique dans l’environnement cyber, le document tente de rappeler les contours d’un monde numérique dont le pouvoir peut apparaître comme décentralisé.

« Internet et sa gouvernance sont le fait de plusieurs acteurs, qu’ils soient américains, européens ou chinois. Ils ont tous conquis leur propre souveraineté de la même manière et leur approche est similaire avec cette technologie », explique le chercheur. La cybersécurité entre ainsi dans cette logique d’expansion ou de préservation des intérêts des Etats.

Principale conséquence, chaque pays dispose d’une autorité chargée de réguler les communications en ligne ou de définir une cyberstratégie, qu’elle soit défensive ou offensive. A ce jour, les pays les plus importants de la scène internationale (Russie, Etats-Unis, Chine, France…) ont mis en place des structures militarisées chargées d’assurer leur propre défense. Les autres Etats disposent d’organisations civiles pour traiter de la question.

Le pouvoir se déplace vers l’Asie et le Moyen-Orient

Dans ce contexte, le Professeur Sébastien-Yves Laurent dresse un constat simple. Si des pays tels que les Etats-Unis ou la Chine détiennent les clés de la gouvernance d’une partie d’Internet, ce pouvoir tend à se déplacer. Il précise : « désormais, l’Internet anglophone tel que nous le connaissons est arrivé à maturité à la différence d’autres régions en croissance. L’Asie, mais également le Moyen-Orient dans une moindre mesure, font bouger les lignes. Nous assistons actuellement à un éclatement, une balkanisation du pouvoir ».

 

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Source : http://pro.clubic.com/it-business/securite-et-donnees/actualite-790306-cybersecurite-sogeti-ecole-militaire.html

 

 

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